François Arago
Savant et homme politique français. 1756-1853

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1847
« Arago était un grand astronome. Chose inouïe, il regardait sans cesse le ciel et ne croyait pas en Dieu. Ce malheur arrive parfois aux astronomes. Lalande était comme Arago. Ils étudient les étoiles et les soleils cependant. À quoi bon s'ils n'en tirent pas la vraie clarté? Ces splendeurs de la création ne sont pas faites seulement pour l'oeil ou la chair. Ce sont des astres du ciel, ce sont des flambeaux dans l'esprit.

M. Arago avait une anecdote favorite. Quand Laplace eut publié sa Mécanique céleste, disait-il, l'empereur le fit venir. L'empereur était furieux. - Comment, s'écria-t-il en apercevant Laplace, vous faites tout le système du monde, vous donnez les lois de toute la création, et dans votre livre vous ne parlez pas une seule fois de l'existence de Dieu ! - Sire, répondit Laplace, je n'avais pas besoin de cette hypothèse.

Arago, du reste, avait une joie d'enfant lorsqu'il avait résolu un grand problème. Il parvint à résoudre la question de savoir si la lumière est un corps ou une onde au moyen d'un roue que Bréguet exécuta et qui faisait trois mille tours par seconde. Un ressort était le moteur. Le frottement était si peu sensible que cette roue pouvait être faite en chocolat sans se briser. Sa démonstration présentée à l'Académie de sciences, Arago quitte l'Académie, rentre chez lui, aperçoit sa femme, lui prend son chapeau sur la tête et le foule aux pieds : Tiens ! voilà ton chapeau ! - arive sa fille, lui arrache son châle et le déchire en deux : Tiens ! voilà ton châle ! - Les femmes de s'effarer. - Qu'a-t-il ? - Pardieu, dit Arago, je viens de résoudre le problème de la lumière et je puis vous acheter un châle et un chapeau.

Ce fut sous le Directoire que fut faite la grande lunette de l'Observatoire. Ibrahim-Pacha et le bey de Tunis vinrent, lorsqu'ils passèrent à Paris visiter l'Observatoire. Ils regardèrent la lune par cette lunette ; ils virent que ce n'était pas une lampe comme dit le Koran, mais un monde. Ibrahim fut stupéfait ; le bey de Tunis fut consterné.»

Victor Hugo : Choses vues 1830-1871 ; Le cercle du livre de France 1951, p. 155

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Nommé secrétaire du Bureau des longitudes, il participa en 1806, avec Biot, à la mesure de l'arc de méridien terrestre en Espagne. Plus tard il devint membre de l'Académie des sciences et directeur de l'Observatoire de Paris.

Du côté scientifique, son œuvre est immense : découverte de l'aimantation du fer par un courant électrique, mise au point avec Fresnel de la théorie ondulatoire de la lumière, calcul de la vitesse du son et du diamètre des planètes , mesure de l'indice de réfraction de l'air.