Association des Éclaireurs Baden-Powell inc.


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Historique de l'Association des Éclaireurs Baden-Powell
 

La naissance de l'Association des Éclaireurs Baden-Powell
Il y a toujours dans l’histoire de toute grande association une date importante qui marque un point tournant dans la fondation d’un mouvement.  Dans le cas de l'Association des Éclaireurs Baden-Powell, cette journée est le 11 mars 1973.  C’est, ce jour-là, l’assemblée générale annuelle des Scouts de Montréal.  L’une des principales propositions à l’ordre du jour est le passage officiel à la méthode Rangers-Pionniers et de ce fait, une démarcation important des traditions fondamentales du scoutisme et du guidisme.  Jusque-là, des méthodes et des pédagogies nouvelles avaient été introduites dans les groupes, depuis une dizaine d’années, mais elles n’étaient pas encore officielles.  Les maîtrises avaient encore le choix de conserver le système des patrouilles et de pratiquer le scoutisme selon les traditions des fondateurs du mouvement.  Au printemps de 1973, après de longs et difficiles palabres, la direction des Scouts de Montréal décide d’imposer le renouveau Rangers-Pionniers du Français François LeBouteux, des Scouts de France.

Deux dirigeants des Scouts de Montréal, Denis Charbonneau, alors commissaire de la branche éclaireur et scoutmestre de la troupe Sainte-Yvette et Florian Bernard, chef diocésain des camps-école Badge-de-Bois et chef de groupe à Repentigny, souhaitent que soit reconsidéré le projet d’adoption de la méthode Rangers-Pionniers.  En compagnie d'un certain nombre de chefs et de cheftaines, ils préparent une contre-proposition dans le but de conserver les méthodes traditionnelles qui ont fait leurs preuves.  Mais le président de l’assemblée leur refuse le droit de présenter leur proposition, estimant qu’elle n’est pas recevable, n’ayant pas été inscrite à l’ordre du jour.  Une vingtaine de chefs et de cheftaines décident dès lors de quitter et d'aller fonder une association destinée à conserver les méthodes et les pédagogies de scoutisme et de guidisme traditionnelles.

D’abord sous le nom des Éclaireurs du Québec
Quelques jours plus tard, Florian Bernard se présente au Bureau du Protonotaire de Montréal, division des raisons sociales, et fait enregistrer le nom: "Association des Éclaireurs du Québec".  Le lendemain, est déposée une demande d’enregistrement pour une croix scoute formée de la pointe de quatre fleurs de lys avec, au centre, le salut scout. Quinze jours plus tard, une assemblée générale de fondation a lieu dans le gymnase de l’école Sainte-Yvette et un premier commissariat est élu, comprenant Denis Charbonneau, en qualité de commissaire général, Florian Bernard, commissaire exécutif, Réal Noiseaux, commissaire éclaireur, André Lamarre, commissaire au louvetisme, Roselyne Jeanson,  commissaire guide et jeannette et enfin l’abbé Serge Tremblay, aumônier général.  Quelques textes fondamentaux sont adoptés.  L’assemblée constituante décide en outre d’incorporer le scoutisme et le guidisme au sein d’une association unique, ce qui constitue une première au Québec !

Des temps héroïques!
Durant les mois d’été, malgré la tenue des camps et les vacances, les fondateurs de l'AEBP travaillent considérablement pour doter la nouvelle association de statuts, de règles de fonctionnement, de matériel, de couvertures d’assurances, etc.  Le secrétariat est temporairement installé à Montréal, à l’école Sainte-Yvette, dans la paroisse de Denis Charbonneau.  De son côté, Florian Bernard installe la "procure" - premier magasin de l’association - dans le sous-sol de sa demeure, à Repentigny.

Tout est à créer, à partir de peu de moyens.  L'Association fait l’acquisition d’une vieille presse "offset" d’occasion pour imprimer ses premiers manuels.  Un ancien commissaire scout de Montréal, Gaston Parent, propriétaire d’un atelier de tissage, fabrique les premiers insignes de l’association et surtout, accepte généreusement d’en reporter le paiement durant des mois.

Du sang neuf en relève
Peu à peu, de nouvelles figures font leur apparition au sein de la jeune association, notamment D’Esneval Panet-Raymond, qui est chargé de préparer la branche des routiers, Marcel Franche, ancien commissaire à la formation des Scouts de Montréal et son épouse, Lorraine Franche.  Le Dr Jacques Beaugé-Prévost accepte, pour sa part, un poste au conseil d’administration de l’Association.

Au début d’octobre, le chef pionnier du poste LaVérendrye de Laval, Robert Desjardins, décide de transformer son unité en troupe éclaireur traditionnelle et joint à son tour les rangs des Éclaireurs du Québec.  Sa venue marque une étape importante au sein de la nouvelle association. Robert Desjardins accepte généreusement de loger le secrétariat et le modeste magasin dans le sous-sol de la maison de ses parents, à Laval. Quelques mois plus tard, il accepte le poste de secrétaire-général, sous le mandat de Marcel Franche, qui devient commissaire général, et de Florian Bernard qui est réélu au poste de commissaire exécutif.

Nouveau nom: Association des Éclaireurs Baden-Powell
Durant tout ce temps, les Scouts du Canada et même par la Boy Scout of Canada exercent des pressions sur la nouvelle association.  C’est surtout le mot "Québec" dans l’appellation des "Éclaireurs du Québec" qui cause une difficulté majeure.  Les Scouts du Canada prétendent que ce nom prête à confusion avec la "Fédération des Scouts du Québec".  Finalement, au cours d’une assemblée générale tenue le 17 octobre 1973, il est décidé de modifier le nom des "Éclaireurs du Québec" en celui de "Association des Éclaireurs Baden-Powell" et de procéder à son incorporation par Lettres Patentes.  Le printemps suivant, soit le 19 mars 1974, l’Association est officiellement érigée en corporation par le gouvernement du Québec sous le nom de Association des Éclaireurs Baden-Powell, "dans le but de regrouper sous une direction commune les personnes désireuses de pratiquer un scoutisme et un guidisme conformes et fidèles à la méthodologie enseignée par le fondateur, Lord Robert Stephenson Smith Baden-Powell of Gilwell".

L’ancien ministre Jacques-Yvan Morin, parrain de la Charte de la langue française et lui-même ancien scout et routier, est l’un de ceux qui appuie sans réserve la nouvelle Association des Éclaireurs Baden-Powell. Il se lève à deux reprises, à l’Assemblée Nationale, pour demander que l'Association des Éclaireurs Baden-Powell aient les mêmes droits et privilèges que les Scouts et Guides du Québec.

Avec les Guides et Scouts d’Europe
Soucieuse de s’ouvrir au monde et de fraterniser avec le scoutisme traditionnel d’outre frontières, l’Association prend contact, dès l’été 1973, avec des représentants des Guides et Scouts d’Europe.  Ainsi, grâce à la collaboration amicale de Denis Masse, un premier contact est établi entre les Éclaireurs du Québec et l'association française des Guides et Scouts d'Europe (Maurice Olier et Pierre Geraud-Keraod, commissaire général scout). C’est le regretté romancier de la collection Signe de Piste, Serge Dalens (Yves de Verdilhac), père du Prince Éric, qui fournit alors l’adresse des Guides et Scouts d’Europe.  Durant tout l’été de 1973, de nombreuses lettres sont échangées entre les dirigeants des Éclaireurs du Québec et les responsables des Guides et Scouts d’Europe.

Un représentant de l’Association française de la FSE, Jean-Louis Faure, profite d’un voyage à Montréal pour rencontrer les dirigeants des Éclaireurs du Québec. Une lettre d’entente et de collaboration est signée au cours d’une cérémonie se déroulant à Laval.

Le 26 septembre 1974, un an après leur fondation, l'Association des Éclaireurs Baden-Powell entre officiellement dans la grande famille des Guides et Scouts d’Europe de la FSE.  Ce jour-là,  une cérémonie de signature d’un protocole d'entente a lieu entre l'AEBP et l'Association française des Guides et Scouts d'Europe.  Le document est signé au 217 de l'Étoile, à Laval-des-Rapides, en présence des Commissaires généraux de l'Association française; Périg et Lizig Géraud-Kéraod, venus expressément au Québec pour cet événement, et des représentants de l'Association des Éclaireurs Baden-Powell,  Marcel Franche, commissaire général, Florian Bernard, commissaire exécutif et Robert Desjardins, secrétaire général. Par cet accord, l’association française des Guides et Scouts d’Europe devient officiellement la marraine de l’association québécoise, en attendant l’incorporation de cette dernière dans l’Union internationale.

Le même soir, dans le but de souligner dignement et de manière scoute et guide cet événement, une grande soirée a lieu à Repentigny, organisée par le groupe scout et guide du Pélican;  premier groupe à adhérer à l'Association des Éclaireurs Baden-Powell. Pierre et Lizig Géraud-Keroad reçoivent le foulard rouge et blanc, en présence de quelques centaines de membres du mouvement.  «Nous étions jusqu’à présent des cousins et des cousines; nous sommes maintenant des frères et des sœurs», déclare le regretté Pierre Géraud-Keraod.

Le 5 novembre 1978, à Marienthal, en Alsace, après un parrainage de quatre ans, le Conseil fédéral de l'Union internationale des Guides et Scouts d'Europe reconnaît l’Association des Éclaireurs Baden-Powell de plein droit, comme membre affilié de la dite Union internationale..

Enfin, à l’automne de 1992, sous le parrainage du commissaire fédéral Gérard Dièvre, l’Union internationale des Guides et Scouts d’Europe accorde à l’Association des Éclaireurs Baden-Powell le statut d’association nationale, ayant juridiction sur l’ensemble du territoire du Canada.

En 2005, au cours d'une assemblée générale extraordinaire, une résolution concernant la désaffiliation avec la FSE est acceptée par la majorité des membres présents. Depuis, l'Association n'est plus affiliée avec l'Union internationale des Guides et Scouts d'Europe.

À la fondation, en 1973, l’Association regroupait environ 150 membres appartenant à une douzaine d’unités seulement, mais rapidement les effectifs grossirent pour atteindre, quelques années plus tard, plusieurs milliers.

De nos jours, les Éclaireurs Baden-Powell accueillent les garçons et les filles dans des colonies de castors (7-8 ans), dans des meutes de louveteaux, pour garçons de 9 à 11 ans, dans des clairières de louvettes, destinées aux filles de 9 à 11 ans, dans des rondes de jeannettes, filles 9-11 ans, dans des troupes d’éclaireurs, pour garçons 12 à 17 ans, dans des troupes de guides, pour les filles 12 à 17 ans, dans des clans de routiers et/ou de guides aînées, pour garçons et filles de 17 ans et plus.

Le scoutisme (le guidisme), par sa méthode d'éducation, est un complément de l'école, de l'église et de la famille. Il exige l'effort physique, psychologique et moral de tous les instants. Il prépare ainsi, quelle que soit la civilisation ou la société dans laquelle le jeune évolue, des hommes et des femmes responsables d'eux-mêmes et des autres, ayant leur propres opinions et ne succombant pas à la mode du temps, fiers de leur pays et de leur foi.

Mise à jour:  2 décembre 2006